lundi 24 juillet 2017 - vous ici Accueil du site > Internationale>

UE - Iran : En attendant la guerre ?

26 juillet 2010
UE - Iran : En attendant la guerre ?

Longtemps hésitante, parfois divisée sur sa stratégie diplomatique envers l’Iran, l’UE unanime vient de décider de sanctions exceptionnelles envers le régime d’Ahmadinejad. C’est ainsi que tout avait commencé pour… l’Irak de Saddam Hussein.

Réunis hier à Bruxelles, les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont adopté une série de sanctions économiques, commerciales et politiques exceptionnelles à l’encontre de l’Iran, et applicables dès aujourd’hui mardi 27 juillet. Le niveau de ces sanctions étonne autant que l’urgence de leur entrée en vigueur (moins de 24 heures). En décidant d’isoler totalement le régime politique iranien, la diplomatie européenne compte sur son affaiblissement de l’intérieur et, à terme, sa chute.

Le spectre de l’opposition iranienne, allant de la gauche marxiste (Tudeh) aux monarchistes (Parti constitutionnel du fils du shah), en passant par les nationalistes du Front national et jusqu’aux Moudjahidine du peuple, en tout près de 35 partis politiques, qui auront ainsi l’occasion d’exploiter « l’isolement » de l’Iran et d’unir leurs forces pour en finir avec le régime d’Ahmadinejad. C’est, a priori, le calcul fait par les Occidentaux.
Ceci est d’autant plus vrai que les oppositions iraniennes sont très actives en Europe, où elles bénéficient de la sympathie des populations européennes et du soutien de leurs gouvernements. Jusqu’au parti des Moudjahidine du peuple inscrit sur la liste des organisations dites « terroristes  », réhabilité l’année dernière par l’UE et les USA.

En somme, une stratégie occidentale classique : isoler le régime politique pour l’amener à imploser de l’intérieur. Pourtant, cette méthode a été expérimentée contre le régime irakien de Saddam Hussein à partir de 1988, et l’on sait les conséquences subies par le… peuple irakien. Il aura fallu une guerre ouverte par toute l’armada occidentale, suivie d’une occupation du pays, pour venir à bout de Saddam Hussein. Au vu des sanctions et des domaines ciblés, il reste peu de chance au régime iranien d’assouplir sa position sur la question du nucléaire dont il lui est fait reproche. Au contraire, Ahmadinejad ira au pourrissement et à la radicalisation de ses rapports avec l’Occident.

Entre les pénuries et la répression du régime d’Ahmadinejad, le peuple iranien s’attend à des jours sombres. Qu’en en juge avec les mesures retenues par l’UE : interdiction de tout commerce ou investissement dans le secteur du gaz, boycott des importations et exportations de pétrole (l’Iran est le 4e producteur mondial de pétrole, mais il importe 40% de ses besoins en gasoil et en essence en raison de ses faibles capacités de raffinage), réduction drastique de tout commerce, gel des activités des banques iraniennes en Occident, contrôle de son transport de fret maritime et aérien, et jusqu’à l’interdiction de visas de voyage à plus de 40 personnalités du régime, en plus de ceux touchés déjà par la mesure.

L’UE s’est engagée dans une véritable guerre économique et politique envers le régime d’Ahmadinejad. Le niveau des sanctions dépasse les « espérances  » des Américains et des Australiens, qui ont eux cessé depuis longtemps toute relation avec le régime de Téhéran, et poussera le Canada qui va annoncer ses propres sanctions. L’on se rappelle combien les USA ont eu à batailler au sein du Conseil de sécurité de l’Onu pour faire adopter, le 9 juin dernier, des sanctions contre le régime iranien. Qu’est-ce qui a bien pu se passer entre-temps pour que l’UE réagisse avec une telle sévérité envers l’Iran ? Est-ce la médiation menée par le Brésil et la Turquie à la même période pour lever les équivoques sur l’objectif du programme nucléaire iranien qui a accéléré la décision européenne ? Certains y voient le résultat, entre autres, de l’activisme des nombreux partis politiques et associations iraniennes implantés en Europe.

Dans tous les cas, il ne faut pas trop croire qu’Ahmadinejad pliera aussi facilement face aux pressions occidentales. Sinon, comment expliquer que les 27 pays de l’UE se sont décalés, prêts à revoir leur décision dans… six mois. Délai peut-être acceptable pour les Européens, mais combien difficile et dur pour les Iraniens.

Tags: Iran Union européenne

Source : Le Quotidien d'Oran

Version imprimable de cet article Enregistrer au format PDF envoyer l'article par mail


modération à priori

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)

annonces

Le Sondage

Élections législatives en Algérie Allez-vous voter ?


Voter

Idées recettes

Média partenaire

le quotidien oran
Infosoir