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El-Hachemi Guerouabi Aujourd’hui plus que El-barah !

15 janvier 2011
El-Hachemi Guerouabi Aujourd'hui plus que El-barah (...)

Il avait encore de belles choses à faire, mais la Faucheuse en a décidé autrement. Et l’on sait que sa sentence est sans appel, que l’on soit star, superstar ou illustre inconnu. Mais il est du devoir des vivants de préserver les mémoires. Guerrouabi, donc, dans son immense terroir et son territoire…

Les artistes partent toujours trop tôt car ils font tellement partie de nous-mêmes que leur départ pour l’au-delà nous prive de cette proximité et de cette affection qu’on leur porte, parce qu’ils ont, justement, ici. enchanté notre vie, là éclairé et illuminé souvent notre vécu. Il en est ainsi de feu ElHachemi Guerrouabi qui a si bien chanté le chaâbi dans sa version expurgée de toutes impuretés recensées chez moults amateurs et autres bricoleurs du genre. Car Guerrouabi, pour nombre de puristes, était unique en son genre, même si certains parmi ses admirateurs lui ont reproché, par endroits et par moments, d’avoir fait dans le commercial, invoquant à l’appui de leurs griefs, notamment, ces deux chansonnettes si légères et si frivoles que sont El-barah et Allo allo ! , plus proches dans leur texture, leur mouture et leur insoutenable légèreté de l’açri (moderne) que du chaâbi à proprement parler. Leur interprétation tout autant vocale que « focale » au demeurant par ses spécificités a, certes, de multiples prétendants, mais en bout de piste, très peu d’élus.

Et pour cause ! Mais revenons plutôt au grand maître disparu qui savait tant faire vibrer les cœurs, agencer les mots, marier les métaphores de sa superbe voix épousant à merveille le substrat du genre. Que de soirées historiques animées par le chantre aussi bien at home que sous d’autres latitudes avec cet art consommé du qsid (texte), de ses vibrations « tactiles », de ses envolées lyriques tantôt en crescendo, tantôt en decrescendo, comme pour accompagner l’âme et l’esprit subjugués et conquis par un talent que d’aucuns n’hésitent pas à élever et hisser au rang de génie.

Et l’on n’est pas très loin de la vérité pour qui a eu l’insigne honneur et le privilège d’avoir couvert deux ou trois concerts mémorables de cette véritable perle du chaâbi dont la profondeur du chant et la tonalité vocale se fondent et se confondent, jusqu’à libérer un véritable élixir de l’instant dont on se délecte et se régale à satiété. Mais l’enfant prodige de Dar El-Babour, fervent fan de l’USMA, celle de Soustara bien sûr, a su puiser dans le répertoire si riche et si fécond de deux immenses paroliers, aujourd’hui hélas passés de vie à trépas. J’ai nommé, mesdames et messieurs, Lahbib Hachelaf et Mahboub Bati, auxquels il doit, au moins, une parcelle de sa notoriété… bien entendu, et lorsqu’on est un authentique monstre sacré du chaâbi, on ne saurait brader ce capital en portant ses choix, question-test, sur n’importe quel olibrius… Le défunt crooner qui alliait classe et élégance dans une interprétation de quelques morceaux d’anthologie – Youm el-djemâa, Elharraz, etc. –, ne pouvait, de fait, confier cet inestimable don divin qu’à des personnalités dignes de son rang.

Et lorsque les beaux esprits se rencontrent, ils fécondent, forcément, une œuvre majeure, comme celle du maestro prématurément arraché et ravi au monde de l’art consommé alors sans modération…

Tags: Musique Chaâbie El-Hachemi Guerouabi

Source : Le Jeune Independant

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